学习汉语 - L’apprentissage du chinois 2

Publié le par journeytotheeast.over-blog.com

Alors donc la question était le chinois est-il dur à apprendre ? Je vous avais expliqué comment fonctionnait le chinois écrit, les caractères et compagnie. Les plus attentifs d’entre vous pourront me réciter la leçon. J’en étais resté à la transition écrit-oral, grâce au pinyin.

 

Alors donc qu’est-ce que c’est le pinyin ? C’est une transcription phonétique au moyen de l’alphabet latin, a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z, rajouter le ü et le compte est bon. Comme je vous l’avais expliqué il y a quatre tons, prenons la lettre « i » voyelle de son état (les tons ne se placent que sur des voyelles), ça donne ῑ í î ì i (le dernier est le ton neutre).

Une chance pour nous, français, la prononciation du chinois n’est pas éloignée de celle du français. Globalement, on n’a pas trop de difficulté à les prononcer par rapport à d’autres peuples. Le mieux étant si vous parlez un peu l’anglais (un minimum, sans accent français car c’est la prononciation anglaise qui nous intéresse), anglais + français = assez de sons pour pouvoir prononcer correctement le pinyin.

 

Pas de différence notable dans la prononciation, seul le « e » « q » « r » « c » « x » « z » « h » « j » « u » « ü » diffèrent un peu :

- Le « e » comme un bon coup de poing dans le ventre qui vous fait dire le « e » de manière énergique (essayez chez vous).

 

- Le « q » comme tchi ; c’est pour cela que l’on prononce Qing (la dynastie) comme « tching ».

 

- Le « c » comme tss d’où Cao Cao (nom d’un des rois d’un des Trois Royaumes) qui ne se prononce pas comme « cao » de « cacao » mais comme Tsao Tsao

 

- Le « x » se prononce comme ch, donc si l’on a « xi » cela se prononcera « chie » comme « il chie un coup ».

 

- Le « z » se prononce comme dz ; mais là je n’ai pas d’exemple en français

 

- Le « h » se prononce légèrement de la même manière que la jota en espagnol. Et l’autre hey ! Il avait dit anglais et français ! Tricheur ! Menteur ! Oui oui  je sais, mais c’est ce qui se rapproche le plus du son. Notre « r » est trop abrupt, trop appuyé, trop racle ton fond de gorge pour glavioter. De plus, les chinois sont INCAPABLES de prononcer le « r » français correctement, seuls quelques élus y arrivent comme Qian ou Miao. La jota c’est ce qui correspond le mieux. Alors après, y’a des chinois qui l’aspirent plus qu’ils ne le « jotarisent », ça dépend de la région d’origine. J’y peux rien si le territoire de la Chine est immense, compte plus de 1 milliard 400 millions d’habitants et environ 56 minorités…

 

- Le « j » comme dj, Djakarta, DJ’s, djeun’s, etc… pas de difficulté particulière…

 

- Le « u » comme notre « ou », comme dans « où-c’est-qu’il-nous-emmène-avec-toutes-ces conneries-? »

 

- Le « ü » comme notre « u »

 

- Le « r ». Le meilleur pour la fin ! Rien à voir ce qui se fait chez nous, très difficile à prononcer. Tellement que je ne pourrais essayer de le décrire… Quoi ? Vous voulez quand même que j’essaye ? Bon bah d’accord alors. Prenez la lettre « i » qui se prononce donc « iiiiiiiiii ». Prononcez longtemps et de manière continue comme écrit, vous remarquerez comment votre langue est gentiment collée à la mâchoire inférieure, vos joues légèrement retroussées. Bon, maintenant avec le bout de votre langue vous léchez les fesses de la voisine touchez le palais, levez la main et un pied (ça sert à rien, mais c’est pour voir si vous suivez correctement), votre langue est donc maintenant légèrement roulée vers l’arrière (courbée quoi !), prononcez le « iiiiiiii ». Vous savez prononcer le « r » du pinyin, bravo ! Heureusement on le rencontre rarement, enfin pour l’instant ! Lorsqu’il se trouve à la fin de certains mots comme dans « èr » (deux), ce n’est pas trop dur ça se prononce un peu comme le « are » de l’anglais « you are boring with all those stuffs ».

 

Bon vous savez à peu près prononcez le pinyin, ce n’est pas dur vous le voyez bien. Bon, ça vous fait de belles jambes, le printemps approche merci qui ?, mais ça ne vous dit toujours pas si le chinois est dur à apprendre.

 

Juste avant une mise au point : apprendre une langue n’est jamais facile puisque comme le dit si bien le mot « étranger », une langue étrangère est une langue qui n’est pas d’ici. Donc, FORCEMENT il sera moins facile de l’apprendre que votre langue maternelle…

 

Ceci fait, je reprends. Comme j’ai du le dire précédemment, il est impossible de prononcer un caractère si l’on ne le connaît pas. Je dis bien IMPOSSIBLE, même pour les chinois (si si). On peut en revanche avoir une idée du sens si c’est un pictogramme ou un idéogramme. Mais sens ≠ locution. C’est là une différence majeure avec l’anglais, le germain, les langues latines, et toutes autres langues ayant un alphabet. Même si vous ne connaissez pas le sens des mots « I want to make love to you » ou « Ich liebe dich », vous serez capable de les prononcer, donc de converser avec l’interlocutrice que vous avez en face de vous. L’apprentissage du sens et la lecture de ces mots sera d’autant plus rapide que vous savez à quoi ils ressemblent. Je pense que le cerveau mémorise plus facilement (notez le « je pense », ça n’engage que moi).

Quand un chinois vous parle, si vous connaissez la signification du pinyin vous pourrez comprendre le sens à l’oral mais vous serez incapable de lire ce qui vous a été dit par la suite. Vous me direz « on s’en fout de l’écrit, pour draguer ou se débrouiller on a juste besoin de parler », bonne remarque si ce n’est que lire la carte d’un menu, sélectionner le mode chauffage d’un climatiseur, savoir ce que vous achetez dans un supermarché, lire les instructions d’une notice, lire un plan de métro, la description d’un lieu historique, etc… vous en serez incapable, aussi bon que vous soyez à l’oral ; à votre avis pourquoi les illettrés se galèrent autant pour tout ce qui est paperasse ? Sans compter qu’il existe d’une multitude d’homonyme (avec ou sans ton identique) revêtant des sens complètement différent (mais bon, avec le contexte on « sent » la différence). Il y a donc un mur quasi-infranchissable entre écrit et oral

Un étranger a donc un double travail, apprendre le pinyin (pour parler et prononcer correctement) ET les caractères (pour lire et écrire) là où pour d’autres langues il n’y a qu’un seul travail.

 

Le problème c’est que l’on ne peut jamais présumé du sens d’un caractère. Illustration : prenons 4 caractères , , , . Tous se ressemblent, et ont un même sinogramme : qui se prononce « tóu » (to’ou en français), « tóu » signifie « tête ». Alors à votre avis, que veulent dire ces quatre caractères ?

Le premier « chapeau » ? Le second « chapeau avec une plume ou un ornement quelconque ? Le troisième « l’homme à chapeau avec un ornement ou une plume qui tient un tuyau d’arrosage » ? Et comment se prononcent-ils ? Le premier « tóu mào zi » (mao zi signifie chapeau) ? Bon j’arrête parce que c’est déjà assez lourd…

Je vous mets le pinyin et le sens : (mǎi - acheter), (mài – vendre ; homonyme de « blé » ), (dú - lire)   (tóu - tête).

 

D’un point de vue grammatical, ce n’est pas trop compliqué, on reste dans la bonne vieille logique sujet+verbe+complément = phrase. Il y a quelques particularités mais rien de tordue. Pas de conjugaisons, pas de singulier/pluriel, pas de verbe avoir-à-la-con-qui-ne-varie-que-si-le-COD-est-avant (mais pourquoi la conjugaison de ce verbe est-elle une exception et surtout pourquoi l’on perpetue cette exception inutile !!!!). Et surtout très rarement des exceptions à la règle. KISS : Keep It Simple Stupid \o/.

 IMG 4974

Etudiant sérieux travaillant sérieusement son chinois. On distingue clairement dans son oeil vif le plaisir de réviser.

 

Il est parfois difficile de se souvenir de « l’orthographe » d’un caractère, cela oblige à un travail actif et régulier. On ne peut jamais se reposer sur ses lauriers ; sauf peut être lorsque l’on a quelques années de pratique. L’oral est plus facile, puisque justement c’est oral.

 

Bon bon je m’emballe là. Alors, le chinois, difficile ou pas ? Vu tout ce que j’ai écrit on a tout de suite envie de dire que oui c’est dur, une des langues les plus difficile du monde, si ce n’est la plus dur. J’aurai cependant un avis plus nuancé, moins manichéen.

 

C’est une langue qui demande beaucoup de travail personnel, certainement plus que dans d’autres langues puisque le travail est double. L’apprentissage de l’écrit est amusant (apprendre à faire de bôôôô caractères plein de sens, c’est rigolo). Les premières phrases prononcées et intelligible sont une Victoire (avec un grand V s’il vous plaît) ; encore plus si les mots sont dans le bon ordre. Le décryptage des hiéroglyphes des caractères d’un texte, pour finalement arriver à le lire est une réjouissance formidable. A l’inverse, on passe moins de temps pour apprendre à conjuguer des verbes de 1er, 2ème, 3ème groupe, des déclinaisons à rallonge ou que sais-je encore. L’apprentissage doit donc être :

 

  1. Régulier
  2. Sérieux
  3. Actif
  4. Régulier
  5. Sérieux
  6. Actif (je fais exprès de répéter)
  7. Plein d’efforts (écrire, écrire et encore écrire pinyin et caractère)
  8. Plein d’engouement (et faut aimer se faire mal)

 

IMG 4976Ecrire, ecrire, ecrire, s'entrainer, pour retenir les caractères.

 

Pis zut à la fin, si vous apprenez une langue et que vous trouvez ça dur et qu’en plus ça vous emmerde, arrêtez et passez à autre chose !

Publié dans Vie étudiante

Commenter cet article

BMXER 10/04/2010 01:25


Haahaha je dirais plutôt un oeil qui ne pense qu'à la prochaine mission de son jeu de PC....