P’tit dèj d’étudiant européen

Publié le par Vortexrom

Bon, pour le petit dèj’, je ne fais pas dans l’original. Je n’aime pas manger debout, je préfère me brosser les dents après chaque repas, surtout le matin ; l’haleine du matin qui pu je ne la supporte pas, alors l’imposer à mes interlocuteurs encore moins. Exclus pour moi (sauf situation exceptionnelle) les galettes de légumes, bao zi et nouilles acheter à l’arrachée à la sortie du métro (ou à l’entrée ^^). De plus, le métro est archi-plein le matin, ce n’est vraiment pas pratique de manger dedans.

Bref, j’aime mon petit confort le matin et je n’ai pas envie de le troquer. Enfin je n’ai pas encore trouvé contre quoi le troquer. Je mange donc les bonnes vieilles céréales de mon enfance. J’ai cependant évolué : fini les Miels Pops, Chocos ou Smacks, vive le muesli au fruit. Le matin, pour bien démarrer, il faut un truc qui colle au ventre, que la faim ne vienne me titiller que sur les coups de 10h30/ 11h00 quand il ne reste plus beaucoup de temps avant midi. Puis faut que le paquet dure un petit moment ; ce qui n’est pas le cas avec Kellog’s, l’en faut beaucoup pour nourrir son homme. Déjà que c’est une épreuve (douleur ?) de se lever tôt le matin pour faire face à ses obligations alors si en plus faut affronter tout ça le ventre tenaillé par la faim, sans moi !

Alors bon ici j’essaye de reproduire ce schéma : lait+céréale. Seulement voila, ce n’est pas chinois du tout. Mais alors pas du tout ! La plupart des céréales sont d’importations (les Kellog’s et les Weetabix surtout) et donc coûte chère. Tellement qu’elles sont vendus en paquet de 150 grammes pour que le prix n’apparaisse pas trop indécent (15 le paquet de 150 gr, jusqu'à 55 pour un paquet de Weetabix de 375 ou 500 gr !). Ce qui ne coute pas cher, c’est le müesli type Oats. Des flocons d’avoine ou de blé, vendu par kilos, ça fait une bouillie infâme dans le lait, beurk ! Je laisse ça aux english.

J’ai quand même réussi à trouver du muesli croustillant produit sur place avec un peu de fruit, qui est pas mal du tout et pas trop cher (23 les 430 gr). On aperçoit les boites dans le fond sur la photo.

 

Récemment, avec Qian on est tombé sur un truc formidable. Enfin à mes yeux, car pour elle c’est archi-connu ; dotant plus qu’elle a grandi à la campagne (la vrai campagne chinoise où l’on allait faire la lessive à la rivière et les gamins imprudent se faisaient emporter par cette même rivière. Mais bon même dans les petites villes, le truc « formidable » se voit). Je vous présente l’objet de mon émerveillement :

 

 

 

Voila c’est ce gros baluchon. Des crottes de lapin albinos ? Non, même ici ça ne se mange pas (pis comment faire du caca tout blanc ?). On voit les céréales à coté, donc cela doit être en rapport (quoique qu’avec la bouteille de rhum on peut en douter ;-)). C’est long, c’est blanc, c’est en grande quantité… ah mais oui c’est du riz soufflé ! Le même truc que les Rice Krispies ou le blé des Smacks. Pourquoi alors je m’émerveille pour ça ? Je vous explique :

  Cuisine 4979

Avec Qian, on revenait de YuYuan, un coin touristique (mais pour touriste chinois, j’expliquerai dans un prochain poste la différence entre coin pour 老外 et coin à chinois) fourbu et content d’avoir vu de beaux batiments et un très bôôôôôô jardin chinois (de la dynastie Ming 明代). On sort du métro, odeur de brochettes à l’agneau et au bœuf préparées par des Huì à gauche (avec la moustache qui arabisait vraiment leur tête, en plus ils ont une sorte calot sur la tête, proche de ce que portent les imams. On ne peut pas se tromper, un Huì se distingue très facilement d’un Han… pourvu qu’il porte des signes distinctifs ! Ils ont quand même un physique différent, les femmes portent un voile assez particulier en plus), galettes de légumes et petit pains à droite. Oula ça donne faim tout ça ! On ne s’arrête pas pour autant, on continue et l’on traverse l’espèce de parc (quand vous le verrez, vous rigolerez !) en prenant un raccourci. Là j’aperçois quelque chose que je n’avais jamais vu auparavant. Sur le chemin principal (donc légèrement éloigné de notre position), deux personnes sont assises et devant elles un petit feu de bois. Bizarre, d’habitude, y’a un plan de travail à hauteur d’homme, c’est plus pratique. Mais là non ils sont presque assis, pis y’a une grosse forme dans le bois qui tourne sur une espèce de broche. Qian me demande si je sais ce que sais, un cochon de lait qui grille ??? Abusé, un cochon qui grille en ville ! Ah non ? Un canard ?!!! Non ? Un poulet ??? Non ? Bon… On rebrousse chemin et on l’on s’approche, on voit du pop corn. Tiens, c’est marrant mais ça casse pas trois pattes à un canard. Pis Qian ne me dit toujours pas ce que c'est. Puis le mec qui faisait tourné sa broche se lève choppe une espèce de grande chambre à air (un gros rond de plastique auquel il a été rajouté une espèce de toile pour faire le conduit), enfourne ce qu’il faisait rôtir, beugle un truc et là :

 

BAOUM !!

 

Une explosion de tous les diables secoue la chambre à air et les tympans ! A l’autre bout de la chambre à air, une femme (sa femme ? les chinois vont souvent par couple quand ils vendent de la bouffe) fait glisser le contenu dans un sachet plastique et là c’est du riz ! du riz soufflé ! Comme les Rice Krispies de mon enfance ! Mais en moins creux, sans le packaging et le marketing qui va autour. Trop fort ! A presque 8h00 du soir, des gens se cassent le cul à faire du riz soufflé, vendu comme ça, à qui veut bien en acheter ! Combien ? 5 le gros ballot qui doit faire 500 gr ou plus. Vous pouvez demander à avoir le riz nature, sucré au sucre ou à l’aspartame et probablement avec d’autres trucs pour peu que ce soit possible.

Qian m’a dit qu’à la campagne c’est courant mais qu’en ville c’est très rare. J’espère que la semaine prochaine ils seront là…

 

Je n’avais donc jamais vu faire du riz soufflé, j’ai vu et je suis très content, limite heureux-benêt. Emerveillé par la simplicité de l’opération : du riz, du feu, un contenant qui supporte la chaleur (qui doit la conduire même), un dispositif permettant l’extraction du contenu et hop !  Vous avez votre petit dèj pour la semaine, si ce n’est plus…

 

Cependant je n’arrive pas trop à m’expliquer le phénomène physique qui conduit le riz à être « soufflé ». Bon je chauffe un récipient clos, les gaz contenus à l’intérieur se dilatent, quand on ouvre, y’a un gros baoum parce qu’il y a des pressions très différentes à l’intérieur et à l’extérieur. Ok, j’ai mon explication pour le baoum. Mais pour le riz ? C’est le volume d’air contenu dans un grain de riz qui cherchent à se dilater mais qui ne le peut car l’espace est d’abord limité puis au moment de l’ouverture du récipient, l’air chauffé peut enfin « gonfler » ? Mais pourquoi le grain de riz n’éclate t’il pas (voyez comme le pop-corn est informe) ? C’est parce qu’il est refroidi dès qu’il sort ?

 

Si quelqu’un peut m’éclairer…

Publié dans Vie de tous les jours

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Commenter cet article

Linh 31/03/2010 22:12


ROMAIN !?... Tu m'épates :)


Vortexrom 01/04/2010 12:42



Salut,


Heu, quoi ?